Jacqueline Salmon

Aniane, de l'oubli à la mémoire, de l'abandon à la revanche

files/media_file_1333.jpgAniane c'est le nom d'une très jolie petite ville de l'Hérault collée à la grande Abbaye Saint-Benoît. Dans la mémoire collective, c'est devenu le nom du lieu que les habitants de la région appelaient "un bagne pour enfant" au début du XXe siècle. De ce temps là, il ne reste aucune trace ou plutôt presque aucune trace tant les mots ont de force et finissent par habiter le regard. Les nombreuse archives témoignent que le bon sens populaire avait simplement résumé en vocables compréhensibles l'intention des colonies agricoles et industrielles créées au milieu du XIXe siècle à la fois pour nettoyer les villes et Paris en particulier, des jeunes vagabonds, orphelins, petits délinquants, et les mettre au travail forcé et non rémunéré sous prétexte d'éducation. Puis le centre pénitencier devenu centre d’éducation surveillé à été fermé, abandonné à lui-même laissant les graffeurs prendre leur revanche sur l’institution.  

Dans la série que j'ai entreprise depuis 1981 sur les lieux dont le destin écrit l'histoire de notre société, Aniane, de l'oubli à la mémoire, de l'abandon à la revanche est la suite de Hôtel-Dieu, Clairvaux, Chambres précaires, La prison, Sangatte le hangar... Toutes séries portant attention à des lieux assemblant sous une même loi des personnes qui n'ont pas choisi de vivre ensemble. Des lieux au destin imprévisible regardés à un moment charnière de leur histoire.